Les Bleus se sont sortis du piège. Car ce match à Kaunas, face à la Lituanie, dans un stade champêtre d'une capacité de seulement 8 000 places, avait tout du match piège. Longtemps d'ailleurs, les Bleus ont fait craindre le pire dans une rencontre qu'ils n'avaient déjà pas le droit de perdre avant le coup d'envoi, mais qu'ils se retrouvaient carrément dans l'obligation que remporter après que l'Ecosse avait, un peu plus tôt dans l'après-midi, arraché les trois points face à la Géorgie (2-1) dans les derniers instants de la rencontre. Sans bon nombre de ses cadres, blessés ou non retenus (Henry, Trezeguet, Vieira, Ribéry), les vice-champions du monde ont toutefois réussi à remplir leur contrat samedi en début de soirée. Un but de Nicolas Anelka, sauveur de la nation pour le coup, à l'entame du dernier quart d'heure de jeu (74e), est venu récompensé la domination française, effective mais stérile jusque-là. Un succès, le quatrième en cinq journées dans ces éliminatoires de l'Euro 2008, qui permet aux hommes de Raymond Domenech de rester leaders du groupe B, à égalité avec l'Ecosse, et avec cinq longueurs d'avance sur l'Italie qui compte un match en moins.
Samedi après-midi, dans la relative froideur lituanienne, tout n'a donc pas été simple. Les vingt-deux acteurs mettent d'ailleurs du temps à entrer dans la partie. Il faut ainsi attendre la fin du premier quart d'heure de jeu pour entrevoir la première occasion du match. Et elle est en faveur de la Lituanie. Mais la frappe lointaine de Danilevicius, complètement écrasée, passe cependant bien loin du but de Grégory Coupet (11e). Une première alerte qui a pour effet immédiat de réveiller les Français. Dans la foulée, Florent Malouda, qui faisait presque figure d'ancien ce samedi à Kaunas en l'absence des cadres Patrick Vieira, Thierry Henry, et à un degré moindre Franck Ribéry, sonne la révolte. Le Guyanais, file côté droit, et adresse un bon centre en retrait pour Sidney Govou, mais son compère de l'Olympique Lyonnais est trop court pour reprendre le ballon (15e).
Des balbutiements défensifs.
C'est encore Florent Malouda qui se met en évidence quelques minutes plus tard mais sa frappe du gauche trouve les bras de Karcemarskas, le portier lituanien (24e). Enfin dans la partie, les Tricolores se trouvent mieux et on assiste à quelques combinaisons intéressantes. Nicolas Anelka est même tout près d'ouvrir la marque mais sa reprise en pivot à six mètres de la cage lituanienne est trop molle pour prendre à défaut Karcemarskas (25e). La période est alors clairement française. A son tour, Eric Abidal tente sa chance, mais sa tentative ne trouve pas le cadre (27e). Après cette grosse période de domination, l'équipe de France baisse un peu de pied dans le dernier quart d'heure et se met même quelque peu en danger. Klimavicius, seul au point de penalty suite à un coup franc, est là pour lui rappeler qu'elle n'est pas à l'abri d'un contre. Heureusement, le milieu de terrain lituanien manque complètement sa reprise de la tête (36e). A la pause, les Bleus ont encore tout à faire.
De retour des vestiaires, les vice-champions du monde reprennent leur domination territoriale mais quelques imprécisions les empêchent de faire la différence. Florent Malouda remue beaucoup sur son aile gauche mais le Lyonnais manque cruellement de soutien. C'est d'ailleurs le Guyanais qui se crée la première occasion de ce second acte mais sa frappe décochée du point de penalty trouve... Sidney Govou sur sa route (52e). S'en suit un contre lituanien qui fait passer une grosse frayeur dans le dos des Tricolores. Sur un ballon mal dégagé par la défense française, pas toujours rassurante samedi soir, Stankevicius, lancé à toute vitesse, décoche un tir puissant quelque peu dévissé à l'entrée des dix-huit mètres, mais sa tentative passe devant le but de Grégory Coupet sans trouver preneur (54e). Les minutes passent et les Bleus ne parviennent toujours pas à inscrire ce petit but si précieux. Pire, plus le temps passe, et plus la crainte de voir la Lituanie réussir un hold-up parfait grandit...
Et Anelka accélère.
La défense française, ici William Gallas et Eric Abidal, n'a pas toujours rassuré.Voyant ses hommes peiner dans le dernier geste, Raymond Domenech décide alors d'injecter un peu de sang frais en lançant Djibril Cissé à la place de Sidney Govou. Un remplacement poste pour poste alors que les Français semblent manquer de solutions offensives. De leur côté, les Baltes prennent de plus en plus confiance. La tentative osée de lob de Klimavicius à plus de 40 mètres du but de Grégory Coupet en est la preuve. Le portier lyonnais veille néanmoins au grain et accompagne le ballon qui passe un bon mètre au-dessus de sa barre transversale (66e).
Plus que vingt-cinq minutes à jouer et on se demande comment cette équipe de France, privée de ses buteurs habituels Thierry Henry et David Trezeguet, va réussir à faire la différence? La réponse va venir du pied droit de... Nicolas Anelka. Sur une action personnelle, l'attaquant de Bolton va faire la différence à lui seul. Décroché à quelques quarante mètres du but lituanien, l'avant-centre des Bleus réussit sa prise de balle et accélère au sein de la défense balte avant de décocher sa frappe à l'entrée de la surface de réparation, un petit peu excentré côté gauche. Son tir décroisé, pas forcément puissant, vient finir sa course dans les filets de Karcemarskas, battu malgré son plongeon (1-0, 74e).
Le plus dur est fait. Durant le dernier quart d'heure, les Bleus parviennent à garder le ballon et à gérer le score malgré quelques approximations défensives. Au coup de sifflet final, le soulagement est visible sur les visages des coéquipiers de Lilian Thuram. Preuve que tout fut loin d'être simple sur les bords de la Baltique.